LES MORTS NE SONT PAS MORTS. LES VIVANTS PLUS OU MOINS.

Une fois qu’on est né, on est déjà assez vieux pour mourir. La déclaration de naissance sera suivie, un jour, d’une déclaration de décès. Comment accompagne-t-on ceux qui partent? On organise des obsèques qui honorent le défunt, en même temps qu’elles célèbrent la vie qui continue. Certains éprouvent le besoin d’édulcorer les adieux, ils en font des au revoir: « ce n’est qu’un au revoir, tu nous a tout juste devancé, nous nous retrouverons ». En attendant d’éventuelles retrouvailles dans l’au-delà, l’organisation de la séparation a deux volets incontournables: administratif et logistique, tous imprégnés et rendant compte de la culture et des coutumes. Au Japon comme au Cameroun, nous allons voir comment on accompagne les défunts vers leur dernière demeure.

JAPON: ADIEUX SOUS LE REGARD BIENVEILLANT DE BOUDDHA

Qu’importe si on a négligé la religion tout au long de son existence, il est difficile de faire sans elle quand vient l’heure des adieux. Les obsèques japonaises, également appelées « Oso Shiki », sont des cérémonies principalement bouddhistes qui suivent des rituels très codifiés. Même si elles ne sont pas pratiquantes, les familles doivent s’affilier à un temple qui prendra en charge les rites funéraires. La grande majorité des obsèques sont d’abord bouddhiques, puis il y en a qui sont shintoïstes, chrétiennes ou civiles pour environ 10% de la population.
À l’occasion d’un « oso shiki », un prêtre récite des sutras (経文, kyoumon ), les participants offrent de l’encens au défunt, de l’argent à la famille éplorée. On attend que l’âme du défunt transite vers une nouvelle existence, puis on inhume ses cendres. Parce qu’on pratique peu l’embaumement, les obsèques se déroulent sur trois jours ( c’est-à-dire avant que la corruption des chairs de la dépouille ne soit trop perceptible), et sont suivies d’une crémation. Il faut noter que la législation japonaise exige un délai minimum de 24 heures entre le décès et l’incinération ou l’embaumement. On note très peu d’embaumements, mais beaucoup de crémations.


Une fois le décès acté, des avis de décès sont adressés aux personnes concernées, qui pourront assister soit à la veillée funèbre, soit à la cérémonie d’adieux, la crémation concerne strictement les proches du défunt.

  • La veillée:
    La veillée funèbre ou « tsuuya » (通夜) qui signifie « passer la nuit », marque ainsi le point de départ des activités liées aux obsèques. Au cours de la veillée, les personnes en deuil déposent à tour de rôle de l’encens ( oshoukou ) sur l’autel, c’est un acte rituel de purification et de respect. La veillée funèbre est suivie le lendemain par une cérémonie funéraire appelée « sougi » (葬儀) et clôturée par la crémation. L’idéal est une plage de 03 jours dédiés aux obsèques, que malheureusement des contraintes peuvent ramener à 01 semaine, voir plus, par exemple si les membres de la famille sont géographiquement dispersés. Une pandémie comme la Covid-19 a fondamentalement changé l’organisation des obsèques au Japon et dans le monde entier, les exigences sanitaires ont mis de côté les coutumes et habitudes, et ont confiné les individus à des cérémonie d’adieux masquées et très protégées pour barrer la route à la contamination.

Le corps qui va recevoir les derniers hommages est veillé afin de le soustraire à la convoitise d’esprits malveillants, le brûlage de l’encens aide à les repousser mais aussi à purifier ceux qui se recueillent auprès de la dépouille mortuaire. Certains services sont confiés à des funérariums, mettent à disposition le salon funéraire, les services d’incinération et de collecte des cendres.

  • La cérémonie funéraire:
    Après la veillée funèbre a lieu la cérémonie d’adieux. C’est la cérémonie funéraire principale, encore appelée « soushiki » (葬式). Elle est ponctuée de prières et de chants, selon un rituel religieux très codifié. Elle a lieu dans un temple ou dans un salon funéraire.
  • La crémation:
    La crémation intervient après cette cérémonie. C’est la méthode la plus courante au Japon. Des soins de thanatopraxie peuvent être prodigués pour améliorer l’apparence physique du mort. Le corps est lavé, puis habillé avec le « shinishōzoku » (死装束) qu’on peut traduire par un « habit pour le voyage vers l’éternité ». Il s’agit d’un kimono blanc pour les femmes, et pour les hommes, un costume ou également un kimono blanc. Ce kimono est croisé vers la droite, et non vers la gauche comme c’est le cas chez une personne vivante. Le corps est placé dans un cercueil, et incinéré. La crémation est suivie par le rituel de « kotsuage » (骨上げ), la cueillette des os, où les proches recueillent les os avec des baguettes pour les placer dans une urne.
    Le prêtre attribue aux fidèles pieux un « kaimyô » (戒 名), un nom bouddhiste et posthume, qui reflète personnalité ou la vie du défunt. Ce nom posthume est écrit sur une tablette commémorative en bois appelée « Ihai » (位牌), qui sert, dans les rituels bouddhistes, à honorer les défunts, écrit aussi sur la pierre tombale.
    Selon les croyances, la famille dispose un couteau sur la poitrine du mort, afin d’éloigner les mauvais esprits. Puis les proches déposent auprès du corps un sac rempli d’argent afin que l’âme du défunt puisse traverser le « Sanzu-no-kawa » (三途の川), le « fleuve de la mort », situé entre le monde des vivants et l’autre monde.
  • L’inhumation:
    La période de deuil dure 49 jours à compter du décès. L’urne contenant les cendres est placée dans la tombe familiale, souvent après ces 49 jours. Cette tombe s’appelle « haka » (墓). Elle est constituée d’un monument en pierre au pied duquel se trouve un bac pour disposer des fleurs (et de l’eau) ainsi que de l’encens.
    Des cérémonies commémoratives ont lieu plusieurs années après le décès, notamment les trois premières années, puis aux 7ème, 13ème et 17ème anniversaires de la mort.

L’habit noir qu’on porte pour signifier qu’on est en deuil s’appelle le « mofuku » (喪服), le kimono funéraire. Un costume sombre, avec une cravate noire qui se découpe sur un col de chemise blanc feront aussi l’affaire. En règle générale, il faut s’habiller sobrement, ne pas porter de bijoux extravagants, ni des imprimés figurant des animaux, ni de la fourrure.

  • Le kôden-bukuro:
    La tradition d’offrir de l’argent mérite qu’on s’y attarde un peu. L’argent offert en guise de condoléances s’appelle le « kôden » (香典), il est placé dans une enveloppe spécifique (noire et blanche, argentée et blanche), ce qui donne le « kôden-bukuro » (香典袋), une enveloppe spécifique qui porte autant les formules de condoléances, les « goreizen » (御霊前) pour le repos de l’âme du défunt, et des billets qui ne doivent pas être neufs. À l’origine, la somme offerte servait à couvrir les frais d’encens ou l’achat de fleurs, aujourd’hui c’est un moyen de contribuer aux multiples dépenses que peuvent occasionner des obsèques.
    Un esprit d’entraide et de réciprocité sous-tend cette coutume d’offrir de l’argent à l’occasion d’enterrements, parce que la roue tourne, chaque famille est donc susceptible de recevoir un jour des « kôden », pour recevoir, il faut donner.
    Les obsèques se déroulent dans le calme et la sobriété. Il est recommandé de présenter brièvement ses condoléances sans s’attarder plus que de raison et indisposer ou faire perdre son temps à la famille du défunt.
    Un repas peut être partagé après la cérémonie d’adieux. Il sera aussi l’occasion de partager des souvenirs qui concernent le défunt, de relever des traits admirables de sa personnalité.
    Les participants rentreront chez eux avec un « okiyome shio » (きよめ塩), un petit sachet de sel (塩, shio), qu’ils utiliseront chez eux pour se purifier, et éviter ainsi de ramener des impuretés dans leur domicile. L’okiyome (お清め) signifie « rituel de purification », il consiste en un nettoyage rituel de l’esprit et du corps, notamment par le sel.
    Les participants peuvent aussi recevoir un petit cadeau, en guise de remerciement pour leurs présence et soutien. Il s’agit généralement de confiseries ou d’algue nori, c’est-à-dire des produits consommables qui permettent « que la tristesse ne reste pas » et ne laisse pas de traces.

Les obsèques au Japon peuvent être très coûteuses. Le coût moyen des obsèques est de deux millions de yens en 2015, ce qui représente environ 15 000 euros, et place le Japon au premier rang mondial pour les dépenses, par famille, allouées aux obsèques. De nombreux Japonais souscrivent donc une assurance obsèques pour couvrir les frais et éviter de laisser une charge financière à leurs proches.

CAMEROUN: FERVENTE DOULEUR

Pourquoi « fervente douleur »? Parce qu’il me semble souvent avoir rencontré des « douleurs enthousiastes » lors de quelques obsèques. Ce sont des moments de grandes émotions et certains semblent avoir la passion des douleurs et des larmes. Ils consacrent leurs week-ends aux obsèques, assidus et toujours accablés de contrition, ils font ce qu’ils espèrent que le plus grand nombre leur fera quand ils ne seront plus là. Présence et soutien, quel mort ne pourrait pas s’enorgueillir d’en avoir reçu du plus grand nombre?


Les obsèques sont la dernière occasion de rendre hommage à un individu, et dans beaucoup de malheureux cas, la première occasion et dernière occasion.
Vous pouvez rater votre vie, les vivants se battront pour ne pas rater vos obsèques.

  • L’annonce:
    Généralement, la nouvelle d’un décès se répand comme une traînée de poudre. Les voisins en sont informés par les pleurs bruyants qui soudain troublent la relative quiétude du quartier.
    Les cris de douleur renseignent, mais aussi l’annonce dans un journal qui a pignon sur rue, dans la rubrique « nécrologie ». Les familles rivalisent alors de créativité. On reconnaît les plus nanties à la longueur de l’avis de décès qui peut occuper toute la page du journal. On y cite les familles et lignées prestigieuses qui annoncent le décès d’un de leur illustre membres. D’ailleurs, quand on dit « la grande famille tel annonce le décès de… », il s’agit d’une grandeur en terme d’individus qui laisse imaginer la grandeur en terme de prospérité. Plus ils sont nombreux, plus ils ont de chance que la fortune leur aie souri. La démonstration suit illico, le général tel et sa femme, le ministre tel, le gouverneur, commissaire divisionnaire, etc… Tous les postes de la République, aussi juteux que prestigieux sont représentés. La diaspora n’est pas en reste, un seul avis de décès peut regrouper une dizaine de pays, Mme tel et monsieur, et leurs enfants, à Osaka au Japon. M. X et madame à Oslo en Norvège. Mlle telle à Brasilia au Brésil, ont la grande douleur d’annoncer le décès de leur fils, oncle, neveu, époux, père, grand-père, arrière-grand-père, décédé des suites d’une courte ou longue maladie. Si le défunt est une personnalité, les journalistes se permettent des titres qui sortent de l’ordinaire, comme si dire tout simplement tel est décédé relevait d’un manque criard d’imagination. « Papa Wemba brise son micro »; « L’ancien ministre R. Mbella Mbappe avale son bic »; « le général Mpay passe l’arme », personne ne sait où et à qui?; « Michael Jackson casse sa pipe après avoir fait tabac pendant des décennies ». Les anonymes meurent de manière argotique « il clamse dans le lit de sa concubine », « un veilleur de nuit mange les sissonghos par la racine après avoir été agressé par des bandits ».
  • La préparation des obsèques:
    Le corps été conduit à la morgue, l’annonce du décès a été officiellement faite. Les familles entrent alors dans la période délicate de la préparation des obsèques, qui peut être riche en rebondissements qu’il vaut mieux attribuer à la douleur, et non comme certains s’empressent de le faire, à la sorcellerie et au mauvais cœur. Les émotions sont exacerbées, il n’est pas rare que de vieilles querelles émergent à l’occasion du rassemblement des familles, avec leur lot d’accusations, de frustrations et d’amertume.
    Cependant, l’heure est à l’entraide. Chacun met un point d’honneur à donner sa part, à ne point faire mentir la renommée de sa famille. Les contributions se font en espèces et en nature. D’autres contribueront en effectuant de menus travaux, nettoyage, désherbage, peinture, approvisionnement en eau, travaux de menuiserie, de maçonnerie, d’électricité, etc.
  • La levée de corps:
    Le corps restera à la morgue jusqu’à la date de la « levée de corps », qui dépend de la famille et des dispositions qu’elle aura prises pour cette cérémonie qui est essentiellement religieuse. Le corps est sorti de son casier et installé dans un cercueil qui sera exposé. Après une brève messe, les participants pourront faire le tour du cercueil pour dire au revoir au défunt. On peut entendre des commentaires étranges « c’est lui qui a noirci comme ça ? », « la maman là est morte avec tout son corps, elle n’a même pas maigri pendant sa maladie ».
    Il faut compter généralement 02 semaines après le décès pour une levée de corps dans des délais normaux.
    Il peut arriver aussi qu’un corps doive passer de longs mois à la morgue, pendant que la famille essaie d’aplanir les dissensions que la secouent, ou bien le temps que la justice tranche. Il peut aussi arriver que d’autres considérations retardent l’inhumation de plusieurs mois. Ce qui est le cas quand on attend la venue des membres de la diaspora, ou alors le temps temps qu’on construise au défunt une maison potable dans son village, qui sera sa dernière demeure, parce qu’il n’est pas question que ce que le défunt laisse derrière lui fasse pitié. Des travaux de construction ou de réhabilitation de certains édifices et même de routes peuvent être entrepris afin de rehausser l’éclat des obsèques.
    Autant on a aimé le défunt, autant on est attaché à sa dépouille, il arrive alors que des enfants s’opposent à leur père et réclament le corps de leur mère, parce qu’il n’est pas question qu’elle soit inhumée dans le village d’un époux qui l’a abandonnée de son vivant. Des co-épouses peuvent revendiquer chacune la dépouille d’un mari. Il n’est pas rare d’assister à de belles bagarres le jour de la levée de corps.
  • Les veillées:
    Le lieu du deuil est toute une institution nécrologique. C’est un point de repère qui sera fréquentés par de nombreuses personnes pendant 02 semaines est au moins. Un véritable état de siège qui nécessite une logistique adéquate parce qu’il faut offrir au moins un rafraîchissement à ceux qui se sont déplacés pour compatir à la peine de la famille éplorée. Le lieu du deuil est généralement le domicile du défunt, il peut aussi être celui du cheg de famille selon les commodités requises. C’est là que les gens viendront manifester leur soutien, apporter leur contribution en espèces et en nature, rencontrer la ou les veuves, les orphelins, l’héritier désigné. Ils y viendront aussi manifester leur propre douleur, assister aux veillées sans corps ponctuées de messes et animées par des chorales, ils y retrouveront amis et parents perdus de vue, seront au courant des derniers ragots, connaîtront le nom du meurtrier présumé (empoisonneur ou jeteur de sort ), pleureront et riront au même moment. Le lieu du deuil est un lieu de recueillement très animé, avec des personnes plus ou moins affairées qui vont et viennent, avec des chorales qui donnent de la voix, appuyées par un orchestre ou même une fanfare, avec ses distributions de café, de thé, de beignets, de bouillie, de sandwiches, de bières, etc, qui font toujours leur lot de rassasiés ou de mécontents.
    Quand arrive la veillée avec corps, c’est que la dépouille a quitté la morgue, elle sera exposée une dernière fois au domicile du défunt, où dans une chapelle, où elle sera veillée en chansons et en prières, avant d’être conduite sur le lieu de l’inhumation, qui peut être dans un cimetière de la ville, ou comme d’habitude, dans le village d’origine du défunt. Certains corps quittent la morgue et prennent aussitôt la route pour le village.
    Si les japonais reçoivent des invitations aux obsèques, au Cameroun, le célèbre « programme du deuil » dont l’impression est souvent attendue avec impatience vaut invitation. On l’utilise pour demander une permission d’absence de même que pour solliciter une aide matérielle. Il est la preuve qu’on est directement affecté par le deuil et qu’on mérite d’être soutenu. Ces programmes s’arrachent comme des petits pains lors des veillées.
  • L’inhumation:
    La cérémonie d’inhumation mêle allègrement des séquences religieuses et traditionnelles. La famille est identifiable par un pagne commun, « le pagne du deuil » que chacun aura fait coudre selon le modèle de son choix. Certaines famille optent pour un survêtement qui portera dans son dos « au revoir papa tel », afin que nul n’en ignore.
    Pour les articulations traditionnelles, les populations Bëti tiennent au « nsili awu », littéralement « interrogatoire sur le décès », un exercice au cours duquel sont posées des questions précises et insidieuses sur le genre de mort, où des accusations sont formulées, des hypothèses confirmées ou infirmées.
    L’héritier désigné, souvent mâle, aîné ou benjamin de la famille, sera présenté à tous afin que nul n’en ignore. Il fera le tour de l’assistance en esquissant un pas de danse rituel, pour signifier qu’il accepte d’endosser ses responsabilités.
    La séquence des témoignages est le moment d’évaluer la renommée du défunt. Les proches, amis et collègues se succèdent, chacun y allant de son anecdote.
    L’inhumation se fait de manière chrétienne, prières du prêtre ou du pasteur, lecture de cantiques, chants. Toutefois, il faut noter l’immixtion de pratiques coutumières. On jettera par exemple certains « pièges » dans la tombe, qui neutraliseront toute personne qui se hasardera à vouloir troubler la tranquillité du défunt. Bref, on blindera la tombe, avec des prières, mais aussi avec des gris-gris et talismans confectionnés pour l’occasion, qui côtoieront chapelets et crucifix sans aucun complexe.
  • La collation:
    C’est le clou de toute cérémonie d’inhumation. C’est elle qui permet de juger qu’on a participé à un grand deuil ou nom. Les familles qui font bien les choses régalent des centaines de personnes avec un repas copieux et bien arrosé. Les participants se séparent alors, les yeux brillants, pensant déjà aux prochaines obsèques qui arriveront inévitablement.

Les obsèques à la camerounaises (qui ne concernent pas les obsèques musulmanes très sobres qui se déroulent quelques heures à peine après le décès) sont des événements socio-culturels majeurs, qui nécessitent la même logistique que les mariages ou les grandes commémorations. Elles se déroulent dans un mélange de rites traditionnels et de modernisme. Elles sont souvent très coûteuses. Il est courant que la famille se ruine pour organiser de grandes festivités afin d’honorer le défunt et de gagner en renommée. On comprend qu’il faut mourir, pour être traité comme une illustre personnalité, par une famille qui démontrera sa force en organisant des obsèques grandioses.

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