
Il n’y a pas d’amitié sans partage. Parce que, l’esprit de partage a pour vocation de susciter ces rapprochements fructueux qui font le lit de belles amitiés. Le partage est la principale motivation qui a présidé à la création de l’association Yujo-Acajapon. « Amitié Cameroun-Japon » est le leitmotiv sui generis de cette association. Dans ses fondements, Yujo-Acajapon s’est donnée pour mission de créer des passerelles littéraires et artistiques entre le Cameroun et le Japon. Le premier chantier étant la promotion du haïku, suivra celle du manga et de toute autre expression artistique susceptible de rapprocher le Japon et le Cameroun.

Yujo-Acajapon a un an aujourd’hui. C’est avec émotion que je me souviens de la belle cérémonie au cours de laquelle l’association a été présentée, à Yaoundé.
Le 14 novembre 2024, l’association Yujo-Acajapon lançait les bases d’un partenariat culturel avec le Japon, basé sur la littérature étendue jusqu’aux célèbres mangas, prévoyant de couvrir d’autres expressions artistiques que l’ambition de partager ferait émerger.
Yujo-Acajapon a été présentée au public Yaoundéen, lors de la cérémonie de dédicace de 02 recueils de haïkus « Paradis désert » et « Yaoundé se couvre de haïkus », de l’écrivaine Béatrice Mendo. Elle est déjà auteure de 02 recueils de nouvelles: « La vie se moque d’être aigre-douce » chez l’harmattan, « Le sang de nos prières » chez Le Lys Bleu (recueils en cours de réédition chez Ammera), et d’01 recueil de contes « L’argent n’a pas d’oreilles » chez Adinkra.
Ce fut l’occasion parfaite pour mettre en communion les deux cultures. Un moment très agréable de partage et de découverte. Une cérémonie pour laquelle Yujo-Acajapon a bénéficié du soutien actif (présence et logistique) de l’ambassade du Japon au Cameroun.

Les points forts, qui se sont avérés être des points succulents, étaient les suivants: 1)- « confection de et dégustation sushis (すし, 寿司, 鮨, 鮓) », suivie avec grand intérêt par les amateurs et les curieux. D’autant plus que c’est le chef sushis du Hilton hôtel de Yaoundé qui était à la manœuvre. Il a partagé quelques secrets de préparation, avec beaucoup de patience et de bienveillance.
Des boulettes de riz vinaigré, le shari (舎利) ont été pétries, puis agrémentées de neta (寿司ネタ), du poisson cru ou des fruits de mer.
2) – « Préparation et dégustation de l’okonomiyaki »: si la majorité connaissait les sushis, beaucoup ont découvert avec un ravissement non feint l’okonomiyaki (お好み焼き), littéralement okonomi (お好み) qui signifie « ce que vous aimez / voulez » et yaki (焼き) qui signifie « grillé ». Une spécialité aux merveilleuses saveurs reconnues par les palais camerounais mais aussi avec de nouvelles qui ont aussi été fort appréciées. Entre la crêpe, la pizza et même l’omelette, l’okonomiyaki est composé d’une pâte sur laquelle sont disposés nombre d’ingrédients découpés en petits morceaux, le tout cuit sur une plaque chauffante, le teppan (鉄板), littéralement « plaque de fer ». Les gourmets n’ont pas pu départager les deux versions, sucrée ou salée, ils les ont toutes plébiscitées. Nous avons ainsi dégusté de délicieux sushis et okonomiyaki, cuisinés devant nous.
Les ventres réjouis ont laissé la place aux yeux, aux mains et aux oreilles, qui ont trouvé eux-aussi de belles occupations:
3) – La calligraphie japonaise a déployé ses idéogrammes sophistiqués, savamment étalés sur un délicat papier de riz (beaucoup sont rentrés avec leur prénom écrit en kanjis).
4) – Le coin « Origami » a ravi les personnes intéressées par ce pliage artistique.
5) – La flûte japonaise, le shakuhachi , jouée par un camerounais, a enchanté nos oreilles.
6) – Les amateurs de Cosplay ont pu apprécier les costumes de personnages célèbres dans les mangas, notamment Gaara et Végéta.
7) – De belles hôtesses habillées en yakuta (kimono léger) ont offert sourires et disponibilité aux personnes invitées.

Les recueils de haïkus ont constitué le clou de la contribution camerounaise. L’auteur, Béatrice Mendo, s’est emparée de cet art poétique séculaire venu du Japon pour dévoiler les ombres et lumières de Yaoundé. En sons et images, elle a présenté le recueil « Yaoundé se couvre de haïkus », qui fait de la capitale politique du Cameroun un haimakura (haïku qui révèle la poésie d’un lieu particulier). Elle a également présenté « Paradis désert » un recueil qui laisse découvrir ce que le temps offre ou inflige à un corps de femme.
L’association Yujo-Acajapon remercie encore l’ambassade du Japon au Cameroun pour sa mobilisation exceptionnelle, notamment mesdames: MARUTA Eiko, première sécrétaire; KOYAMA Hanaka, troisième sécrétaire; MIZOBATA Haruka, adjointe du représentant résident de la JICA. Puis, messieurs IKEDA Kiyohiko, chef de mission adjoint; SHUN AOKI, deuxième secrétaire;
MATSUMURA Rikuta, attaché culturel et Administratif. La participation de ces honorables personnalités a été des plus bénéfiques, elle a en outre posé les bases d’une coopération prometteuse.
Pour terminer, Yujo-Acajapon exprime toute sa gratitude au Ministère des Arts et de la Culture, dont la représentante a rehaussé l’éclat de la cérémonie par sa présence et par la lecture d’un discours au nom du ministre.

La première année d’activité de Yujo-Acajapon a été dédiée à la promotion du haïku, une activité qui constitue pour le moment la nervure de ses missions. Ainsi, comme promis, les activités de vulgarisation du haïku ont débuté, qui ont drainé plus de pratiquants que de découvreurs. Le nombre de pratiquants, une trentaine, a emmené à conclure que le haïku au Cameroun est « né et déjà vieux « . Il reste à convaincre davantage de découvreurs. La présidente de Yujo-Acajapon elle-même a avoué pratiquer le haïku depuis près de 30 ans. Elle a décidé de partager officiellement sa passion après avoir été lauréate, en 2015, du Concours International de Haïkus organisé par l’ambassade du Japon au Sénégal, avec cette pépite :
« Il s’est envolé
mon amour papillonnant
d’autres fleurs le pleurent ».
Yujo-Acajapon encourage les amateurs de haïkus à sortir de l’anonymat et à franchir le pas de l’édition, en profitant justement des Éditions Ammera, une maison d’édition disposée à soutenir les littératures spéciales et spécialisées.
Les publications prévues pour le mois de décembre sont les suivantes: « Mister l’amour, je présume » de Béatrice Mendo, « Wasabi et Fufu sont amis » de Myriam Abomo, enfin « Haïku-sutra » de Akito Ndongo qui a choisi de délivrer des haïkus érotiques inspirés du Kâma-Sûtra.
Le creuset est prometteur, la mobilisation de tous les acteurs suit son cours. Les activités liées au manga connaissent elles-aussi un début de mise en œuvre, les principaux acteurs ont été identifiés et réunis dans une plate-forme qui sera continuellement enrichie, par leur présence et leurs créations.
L’année 2026, en novembre, verra se tenir la première édition du Concours de haïku de Yaoundé, « Ongola-Haïku », après une semaine riche de manifestations culturelles, avec entre autres « la semaine du haïku ». Yujo-Acajapon continuera de marquer de sa présence pro-active tous les événements culturels majeurs impliquant le Cameroun et le Japon.

La belle et riche journée du 14 novembre 2024 a donc marqué le début officiel des activités de Yujo-Acajapon, qui navigue vaillamment vers des accomplissements encore plus remarquables. Par ailleurs, Yujo-Acajapon possède un page dans laquelle est publié tous les mardis, un article qui traite de faits culturels typiques, au Japon et au Cameroun, avec des éclairages sur les traitements culturels de ces faits. Une page qui récolte des milliers de vues et est suivie par des centaines de followers.

Une amitié ne se décrète pas, mais se consolide pierre après pierre, dans un partenariat riche, constructif et bénéfique pour les parties. Yujo-Acajapon fera résolument sa part dans cette amitié que le Japon et le Cameroun ont entrepris de construire.
